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Culture d'Essaouira Mogador
 

Découverte d'Essaouira

Une boîte de nuit à Essaouira


Août 2008 - Essaouira est une petite ville charmante mais le touriste de passage peut regretter le manque d’animations. D’ici la fin de l’année une discothèque, la première, devrait ouvrir ses portes au centre commercial Bin Alaswars à côté de l'Hotel des Iles. Restaurant le jour, dancing la nuit avec vente de boissons alccolisées. (Elle a effectivement ouvert au début de l'été 2009)

Sous les remparts, entre le bastion sud et Bab Sbâa la nouvelle boîte donnera un peu de vie à ce centre tout neuf mais vide et  déjà triste comme une ruine.
 

 

 

Tapis et tissages
de Frédéric Damgaard

 

Novembre 2008- Etudiant en Art Islamique, en 1969, le norvégien Frédéric Damgaard s’amarrait à Essaouira. Depuis, à travers sa Galerie, ses écrits, il n’a cessé de mettre en valeur les artistes-peintres dont les œuvres ont les reflets du métissage des cultures caractéristique de la cité des alizés.

En publiant en novembre 2008 "Tapis et tissages - L'art des femmes berbères du Marorc" Frédéric Damgaard ne quitte pas le domaine de l’art et en présentant ce beau livre  Abdelkader Mana peut ainsi écrire : « Faites attention! Vous êtes peut être en train de fouler une œuvre d’art! ».



Dans la préface signée Ali Amahan on peut par ailleurs lire
«Frédéric Damgaard n'a pas hésité à mettre sur le même pied d'égalité les tisseuses amazighes et les artistes plasticiens modernes du Maroc. Il souligne également le rôle du tissage amazigh dans la préservation de la mémoire et le rôle des mères dans la transmission de cette mémoire».

 

Lire la critique de Abdelkader Mana
dans le Matin

 


 

Décès de Georges Lapassade
homme de culture amoureux d' Essaouira

   


Août 2008 -
Le sociologue Georges Lapassade est décédé le 30 juillet 2008 à Stains à l’âge de 84 ans. Il était l’une des grandes figures de la psychologie et de l’ethnologie qu’il a enseignée à l’Université de Paris VIII. Dès les années 60 il avait fréquenté assidûment Essaouira s’intéressant aux phénomènes de transes et aux rites de possession.

Lire l'hommage d'Abdelkader Namir
et les souvenirs de Georges Lapassade à Essaouira

   

 

Hommage au Maâlem Mahmoud Akherraz

Août 2008 - Le samedi 23 août en clôture de la 5ème édition du Festival Jeunes Talents Gnaoua un hommage a été rendu à l’une des figures emblématiques du gnaouisme souiri, Mahmoud Akherraz décédé le 4 avril 2008 avril à l‘âge de 83 ans. Il était le Sacrificateur officiel de la confrérie des gnaoua à Essaouira

Les souiris garderont longtemps en mémoire l’image de cet homme  à la tenue multicolore et au large sourire qui ne le quittait jamais. , On se rappelle de ses danses des anciens gnaoua sur les scènes des différentes éditions du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’ Essaouira, aux côtés de grands artistes musiciens étrangers et des  maîtres gnaoua marocains.

Abdelkader Namir spécialiste de la culture Gnaoua
rend hommage à ce Maâlem souiri - LIRE


 

 

Terre de Lumière à Essaouira

Janvier 2008 - Depuis qu’à la fin des années 40 Orson Welles a tourné  son chef d’œuvre Othello on ne compte plus les tournages de films, de clips publicitaires qui ont eu pour cadre les remparts et le port de Mogador devenu Essaouira lorsque le Maroc a retrouvé son indépendance à la fin du protectorat français en 1956. C’est précisément pendant cette période tricolore que se déroule l’action du téléfilm Terres de Lumières tourné en janvier 2008.

 


Tourné  à Essaouira, à Marracech puis aux studios de Ouarzazate Terre de Lumière raconte l‘histoire d‘une jeune femme qui débarque à Mogador au début des années 30 pour tenter de se reconstruire une nouvelle vie au Maroc. Aux côtés de Mélanie Maudran dans le rôle de la jeune berbère, Philippe Lefebvre, Valérie Mairesse, Florence Thomassin, Alexis Michalik et Dominique Guillo

En costumes des années 30 acteurs et figurants débarquent de l'annexe d’un paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique, le Ville de Strasbourg, tandis que le local abritant le syndicat des armateurs est redevenu le bureau du port. La paquebot n’est pas en vue mais, magie du cinéma, il sera bien présent dans le téléfilm contre d’ailleurs toute vérité historique. Aucun paquebot n’a jamais mouillé à l’abri de l’île Mogador, faute de hauteur d‘eau. C’est d’ailleurs pour cette raison que Mogador qui a été au 19ème siècle un des grands ports de la côte atlantique a, sous le protectorat, perdu de sa superbe les autorités françaises privilégiant les ports d’Agadir, Casablanca et Tanger ports en eau profonde pouvant accueillir les gros navires.

Terres de Lumières a été diffusé en 4 épisodes de 90 minutes pendant l'été 2008, sur Antenne 2

 
 

Le Mali représenté à Essaouira

 Janvier 2008 - L’année 2007 s’est terminée à Essaouira par l’ouverture d’un consulat honoraire du Mali. A cette occasion Le nouveau Consul honoraire a rappelé qu’Essaouira avait longtemps accueilli plusieurs Consuls étrangers.

C’était au temps ou Mogador, peu après sa création au milieu du 18ème siècle, était devenu le premier port atlantique du Maroc par la volonté du sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah. Les ports d’Agadir et de Safi étaient interdits aux marchands européens et les consulats déménagèrent à Mogador ou se faisaient les affaires. Mogador était alors surnommé le port de Tombouctou car de longues caravanes de dromadaires faisaient l’aller retour entre l’Atlantique et le fleuve Niger au Mali. Elles transportaient toutes sortes de marchandises... dont de nombreux esclaves!

Le consulat du Portugal (en ruine)

 A Essaouira quelques souvenirs rappellent ce passé commercial et diplomatique. A l’entrée de l’ancien Consulat de France devenu le siège de l’Alliance franco-marocaine une plaque rappelle par ailleurs le passage de Charles de Foucauld en 1884.

 
 
 

Les prostituées d'Essaouira

Décembre 2007 - Selon un rapport du Président du centre marocain des droits de l’homme le tourisme sexuel se développerait depuis plusieurs mois au Maroc en particulier dans les centres touristiques envahis par les touristes nationaux et internationaux, Marrakech, Agadir, Tétouan, Tanger… et Essaouira.

Je ne suis pas un expert en prostituées mais je n’en ai pas repéré peut être parce qu’à l’heure ou elles embauchent je ne me débauche pas mais me couche quand même. Par contre ce qui est vérifié c’est qu’à Essaouira sous le protectorat la prostitution était organisée.

La maison close, il n’y en avait qu’une, était ouverte rue Cbanat qui longe le rempart Est de la médina. Les filles faisaint le trottoir sur la rue. Chaque semaine elles étaient examinées par le médecin du dispensaire tout à côté. C’est lui qui délivrait les certificats permettant d’exercer. Après l’indépendance le bordel a été fermé par les autorités marocaines. Des prostituées sont néanmoins restées mais ne s’exposaient plus dans la rue.

Quand les juifs ont quitté le Mellah ce quartier aujourd’hui en ruine est devenu celui de la prostitution. Il y a des vieux souiris qui n’ont jamais traversé ce Mellah car sortir du Mellah, pour la population, c’était alors sortir du bordel.

 

 
Un café berbère à Essaouira

Novembre 2007 - La scène pourrait être enregistrée dans un restaurant français :

-vous prendrez bien l’apéritif ?, du vin? Non de l’eau, en bouteille bien sûr, un petit dessert en supplément, un café? Un pousse café?…Bref tout est fait pour faire monter l'addition. Et quelques fois le sourire est également en supplément !

Au Maroc pour faire la différence il suffit d’entrer dans un café berbère. Miloud en tient un dans la médina d’Essaouira.

Le matin avant d’ouvrir leur boutique les commerçants du quartier viennent faire leur thé chez lui. Ils apportent leur théière, leur thé vert, leur menthe, leur sucre. Miloud fournit l’eau et un réchaud et il leur fait payer 1 dirham (pour arrondir, 10 dirhams font 1 euro).

Dans la matinée d’autres clients viendront, toujours avec leur thé … mais aussi du pain et un peu d’huile d’olive pour le petit déjeuner. Chez Miloud ils disposeront d’une théière, de verres, d’eau et du réchaud. Bien sûr le « consommateur » peut rester à table le temps qu’il veut. Il lui en coûte 1 dhm par verre.

A midi Miloud prépare les tajines. Les clients ont apporté les ingrédients, oignons, tomates, navets, viande, épices, olives… A l’heure prévue ils viennent avec leur pain pour la manger sur place. Ils peuvent également l’emporter. 20dhm par tajine.

L’après midi, thé à nouveau…

Le soir : partie de cartes. Par équipe de 2 (comme à la belote) et pour de l’argent. 10 dhm par partie (qui peut durer quelques minutes seulement). Miloud perçoit 1 dhm par partie.

Miloud n’est pas riche mais il fait vivre sa famille grâce à son café berbère et ses pièces de 1 dhm.

 

Essaouira entre pavés autobloquants et méchouard

Nnovembre 2007 - Dans un article du Petit Journal en date du 1er novembre Elodie Martelliere sous le titre Entre authenticité et développement incontrôlé s’inquiète de l’avenir d’Essaouira devenu station branchée qui accueille désormais "les familles, les amoureux, les retraités, les bobo, les artistes amateurs, les accros des sports nautiques qui, en provenance d’autres villes marocaines devenues trop agitées, viennent s’y ressourcer… mais avec un Plan Azur qui annonce l’arrivée massive de touristes et justifie la multiplication de constructions nouvelles sur un front de mer très prisé, n’est-on pas en droit de s’inquiéter pour celle qui est répertoriée depuis 2001 par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’Humanité ?

Etait-il par exemple indispensable de détruire les dunes pour prolonger une promenade sur plusieurs centaines de mètres, par ailleurs construite à partir de magnifiques pavés et dotée de très beaux lampadaires, quand de nombreux quartiers de la ville nouvelle ont des allures de tranchées ? La Nature n’a pas accepté cette blessure et depuis, le sable et les ordures, jusqu’alors retenus par les dunes, déferlent régulièrement dans les rues. L’UNESCO ne soulignait-il pas justement dans l’une de ses études que «la protection de l'écosystème d'Essaouira et de ses alentours constitue une condition essentielle de sa propre survie" ?

La question mérite certainement d’être posée car les travaux en cours ces derniers mois pourraient laisser penser qu’Essaouira se transforme peu à peu en une longue promenade côtière en pavés autobloquants… pour touristes de passage tandis que dans la médina on rasait le seul espace boisé pour installer quelques jours par an une tente abritant des spectacles qui auraient pu l'être de l'autre côté du mur sans toucher à un seul arbre. www.myessaouira.unblog.fr

(c) lachevre yvon - 2010