D'Essaouira et d'ailleurs jour après jour

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DVD "De la Croix à St Fiacre"
un film de Yvon Lachèvre

 


Concarneau et Essaouira, même combat
 

  Des cheminées d'usines qui marquaient le bord de mer


Août 2010 -
Concarneau et Essaouira sont bien comparables. La médina de l’ancienne Mogador est certes bien plus grande que la Ville close du port breton mais toutes les deux ont d’abord été des centres de vie pour leurs populations avant de déborder dans les faubourgs ou les lotissements construits autour.

Surtout toutes les deux ont été de grands ports sardiniers ou dans les nombreuses conserveries les femmes mettaient le poisson en boîte. A Concarneau il y en avait 30. Il en reste une! A Essaouira également.

Cet été pour animer la fête champêtre de la chapelle St Fiacre au Cabellou, un des quartiers résidentiels de Concarneau, mon ami René Troalain président de l’association souhaitait que je présente un des films que j’ai réalisé sur le monde de la pêche. J’ai finalement choisi de réunir des films anciens amateurs que j’avais récupéré au fil des ans et de monter une quinzaine de minutes sur le Concarneau des années 60/70.

 
       
      Les thoniers sous voiles. Superbes.

Le film « De la Croix à St Fiacre, en passant par le port » devait être diffusé en boucle dans la chapelle mais il est vite apparu qu’une courte présentation s’imposait car si les « anciens » pouvaient s’y retrouver les touristes et les nouveaux venus auraient vite été perdus. Concarneau, quarante ans après, n’a pas gardé les traces de son passé, c’est une autre ville. Quand sera t'il d'Essaouira, le temps passe si vite. Il y a quelques mois j'avais donc le projet de "mettre en boîte" des images de ce qu'il restait de Mogador. Et j'imaginais commencer par l'île. Avec mon ami Moussa, un dossier sous le bras je rencontrais le fonctionnaire en charge des autorisations d'accès à Mogador. Mais il ne me l'accordera pas car "rien ne prouvait que je n'avais pas le projet de tourner un film porno"!!!

A Concarneau, en trois heures la projection a attiré 600 spectateurs. La preuve que le passé n’est pas mort, et moi non plus. Ouf ! Lire la presse

Le DVD est en vente 12 euros (port compris), payable par chèque ou par carte de crédit sur site sécurisé.

 

 
         
 Fantasia balnéaire du Festival Gnaoua 2010 - Essaouira
l


Juin 2010 - De nombreux concerts en plein air, gratuit, d’autres plus intimes avec droit d’entrée dans la zaouïa des Hamadcha et dans celle des Gnaoua, d’autres encore à Dar Souiri ou chez Kébir tout à côté, certains programmés à partir de 2h15... du matin bien sûr… Bref de quoi satisfaire un public souvent jeune, voire très jeune .qui l’après midi reprenait des forces sur la plage. Il faisait très beau et elle était noire de monde.

Un peu plus loin sur la plage, devant la Province et l’Hôtel Atlas des fantasia étaient programmées réunissant des cavaliers d’Essaouira, d’Agadir, Tamanar et Meknès

 

 

Festival d'Essaouira Gnaoua 2010
et Musiques du Monde

Juin 2010 - Quinze jours avant le début de la 13ème édition du Festival Gnaoua d’Essaouira le montage de la première scène a commencé sur la place Moulay Hassan. Le chauffeur de taxi regarde avec indifférence. Pourtant c’est l’annonce d’une prochaine augmentation de son traffic mais … le Festival il n’aime pas. Les gnaoua, leur musique, leurs cérémonies il adore, comme tous les souiris, mais le mélange des gembri avec des guitares électriques et les batteries de jazz avec le tambour gnaoua ne lui va pas. Bref, il n’est pas pour la "fusion". C’est pourtant le maître mot des Festivals de la dernière génération qui ont d’ailleurs pour titre Festival Gnaoua et Musiques du Monde. L’année dernière Maâlem Mahmoud Guinée avait ouvert "en apothéose" (a écrit la presse)  les festivités, en fusion avec le groupe brésilien Afoxé Loni. Pour ce festival 2010 l’ouverture se fera avec une autre fusion celle de la troupe du Sukhishvili National Ballet de Géorgie et ses dix danseurs avec les frères Maâlems Mohamed et Saïd Kouyou. L’innovation de cette 13ème édition est d’ailleurs de permettre la fusion des danses.

Pas de quoi satisfaire le chauffeur de taxi. Pas de quoi satisfaire non plus une grande partie de la population. Les gnaoua OK mais le festival, avec beaucoup de réserves. Pour résumer (trop) simplement, dans de nombreuses familles le Festival, c’est le diable. Des jeunes qui fument, qui boivent, des filles qui ne portent pas le voile et quelques fois peu de vêtements, le bruit, les vols, les bagarres, la drogue… un changement radical dans cette petite ville tranquille. Elle s’apprête cependant pour le business car si le Festival a assuré la notoriété d’Essaouira il permet chaque année, pendant quelques jours, d’améliorer les chiffres d’affaires de certains commerçants, dans l’accueil et la nourriture. En cette année de crise le Festival  est particulièrement le bienvenu.

 


A l’église d’Essaouira Agathe fait le plein


Juin 2010 -
Le dernier dimanche du mois de mai l’église d’Essaouira a fait (presque) le plein. Grâce à Agathe. La petite fille entourée de sa famille assistait à sa première messe. Elle avait été baptisée la veille. Le 8ème baptême en trente ans précisait le père Jean Claude en ouvrant la cérémonie. Malgré ces modestes résultats l’abbé n’a pas perdu la foi et gardé son enthousiasme ce que confirmait deux fidèles en quittant l’église : "Oh la la, des messes comme ça, on en redemande!"

Dans l’église  construite en 1936.  l’autel, le pupitre, une croix ont été réalisés en thuya rappelant qu'elle est bien celle d'Essaouira

Le père Jean Claude est arrivé en 1981, un 15 août, succédant au Père Pedro, un espagnol. La barbe blanche, derrière ses petites lunettes il regarde l’assemblée et reconnaît 8 paroissiens. Les autres sont des gens de passage, venus de quatre pays. Il précise d’emblée que ses fidèles lui reprochent quelques fois d’être trop bavard, mais que les visiteurs aiment ça! Comme ils sont en majorité la messe durera… 1h30. Il prendra le temps de préciser que nous sommes ici au Maroc, terre de tolérance. "Dans cette église on peut dire ce qu'on veut, enfin pas n'importe quoi ! (1)". Entre deux chants il parlera de Jésus, de ses apôtres, de l’Eglise qui était souvent aux côtés du Pouvoir "mais jamais seule au pouvoir". Il rappellera que les premiers chrétiens ont été pourchassés et se réjouira que "Des hommes et des dieux" de Xavier Beuvois ait obtenu le Grand Prix à Cannes en racontant l‘enlèvement et l‘exécution des moines de Tibéhirine en Algérie. Il évoquera sa religion tournée vers l'autre...

On accorde des étoiles aux restaurants, aux hôtels, aux sites touristiques mais ça ne se fait pas pour les messes sinon celle du Père Jean Claude en aurait plusieurs. Et si vous passez à Essaouira un dimanche, sa messe est à 11h. Deuxième rue à gauche en sortant de la médina par Bab Sbaa.
Eglise vue du ciel

(1) Le Père Jean Claude pensait peut être à ce moment là aux missionnaires chrétiens expulsés du Maroc en début d’année pour prosélytisme.

 


Gnaoua 2010 le festival d'Essaouira

Mai 2010 - La 13ème édition du Festival Gnaoua s’ouvrira avec une fantasia sur la longue plage d’Essaouira. Si le vent n’est pas trop fort le spectacle sera de toute beauté et si la Coupe du Monde de football… du 24 au 27 juin 2010 les concerts devraient comme chaque année faire le plein. Des spectateurs venus de tout le Maroc, de l’autre côté de la méditerranée, et d’Essaouira ou les gnaoua font partie de la culture populaire. Le sociologue Georges Lapassade a écrit : "Dans d'autres villes du Maroc les gnaoua sont généralement présents. Mais ils constituent tout au plus une des composantes de la culture populaire locale et pas forcément la plus importante. A Essaouira, au contraire, leur influence est telle qu'on a parfois l'impression de n'être pas tout à fait au Maroc mais dans un lieu à part qui serait comme une sorte d'excroissance de l'Afrique noire..."

Accompagnant le guembri et ses trois cordes les crotales et le tambour rythment les musiques gnaoua

Après la réalisation de son port au milieu du 18ème siècle Mogador a été surnommé le port de Tombouctou. Plusieurs fois par an des caravanes de chameaux faisaient la liaison avec les régions du sud Sahara assurant le trafic de marchandises … et d’esclaves. Au XVIème siècle déjà les portugais avaient exploité cette main d’œuvre noire pour construire leurs fortifications et le sultan Ahmed El Mansour serait revenu d’une expédition avec 12.000 esclaves qui construiront des palais à Marrakech et seront employés dans la sucrerie de Mogador, avant de travailler sur les défenses de la nouvelle ville.

Ils y ont fait souche et, descendants de ces esclaves noirs, plusieurs familles perpétuent de père en fils leur rituel fait de musique et de danses. Répondant aux questions posées par Afrik.com à l’issue d’un festival à Dakhla deux jeunes gnaoua souiris Azeddine Khazragi et Oussama Chtouki pouvaient ainsi dire qu’ils ont choisi cette musique "parce que c’est la musique traditionnelle d’Essaouira où nous vivons… Tu sais, quand ici tu dis à quelqu’un "Essaouira" il te répond : gnawa ! C’est automatique. Cette musique fait vraiment partie de l’identité de notre ville" et Azeddine Khazragi d’ajouter : "le gnawa n’est pas une musique normale. C’est une musique de transe. Elle soigne les gens. Les gens rentrent en transe.… Et quand ils sont envoûtés, ça les libère."

Et les spectateurs-auditeurs du 10ème festival ne demanderont qu'à être envoutés!


Aéroport et voie express pour Essaouira

Mai 2010 - Depuis plusieurs mois on attendait une inauguration en grande pompe, on espérait même la présence de sa Majesté le Roi, mais c’est finalement un communiqué du Ministère du Transport qui a annoncé la mise en service du nouveau terminal de l’aéroport d’Essaouira.

Trois fois plus grand que celui en service il pourra accueillir jusqu’à 300.000 passagers par an sur 3000 m2 contre 95.000 aujourd’hui sur 960 m2. Actuellement il est fréquenté par une seule compagnie, Royal Air Maroc, avec une ligne au départ de Paris et une autre de Casablanca. En octobre des liaisons charters pourraient être lancées au départ de Lyon et d’Amsterdam mais le vrai «décollage » se fera seulement, comme ailleurs, lorsque les compagnies low cost l’inscriront à leur programme régulier. La piste souiri va d’ailleurs être rallongée à 2600m d’ici la fin de l’année pour permettre l’atterrissage des plus gros avions que ces compagnies utilisent régulièrement.

Pour assurer le succès de la station Mogador-Essaouira, avec ses hôtels, ses villas, ses 10.000 lits et ses 2 golfs aux portes de l’ancienne Mogador, les aménageurs pourront également compter sur la nouvelle voie express. Elle mettra Essaouira à 1h30 de Marrakech en toute sécurité contre 3h, sans sécurité, aujourd’hui. Plusieurs tronçons sont déjà terminés en particulier sur la fin du parcours et au départ de Marrakech avec une autoroute qui se poursuivra elle jusqu’à Agadir. Les services de l’Equipement assurent que, malgré les intempéries de cet hiver, les travaux seront terminés, comme prévu, à la fin 2010.

 


Haj Moussa est parti et j’ai perdu un ami

Mai 2010 - C’était il y a tout juste 3 ans. Je ne savais pas encore que le riad Mimouna venait d’être construit à l’emplacement de l’ancien moulin Sandillon. Je ne savais pas encore que Moussa avait joué au basket avant de s’occuper du club et je suis entré dans sa petite boutique face au riad parce que des images anciennes punaisées sur le mur avaient attiré mon regard. Tu m'as invité à entrer pour les voir de plus près puis je me suis assis sur un petit tabouret et nous avons parlé, parlé de ta ville, parlé de ton histoire, l’histoire d’un souiri.

Je suis revenu, revenu encore, pour t’écouter. Tu me parlais de ton père, de l’école coranique, des hippies, ton mariage, tes filles, tes pèlerinages… un vrai livre d’histoires. Et justement tu voulais écrire un livre, mais je te voyais mal parti. Manque d’ordre, de méthode, de travail… alors un jour je suis revenu de France avec dans ma valise un petit magnéto et désormais j’enregistrais toutes nos conversations et les re-transcrivais sur mon ordinateur avant de les imprimer.

Souvent nous nous retrouvions dans ta petite maison à la campagne. En préparant le tagine (anguille à l'huile d'argan avec raisins secs et noix!), en buvant le thé tu racontais l’histoire d’une ville, de ta petite ville, Mogador, son port ou tu as  gagné tes premiers sous, ton île ou tu chassait les faucons pour d'autres tajines, les juifs, les sauterelles, l’alcool, le kif… Tu avais tout vécu, quelques fois sans doute avec excès.

Les excès on le sait ne sont pas bons pour la santé. Et c’est ton cœur qui a laché. Comme ça, en plein milieu de l’après midi, assis sur ton petit tabouret, dans ta boutique de la rue Sandillon. Ca s'est fait tellement vite que quand je l'ai appris sur le port tu avais déjà rejoint ta dernière demeure comme on dit chez moi.  Dimanche j'irai à la messe, pour la première fois depuis longtemps,  j'aimerai bien te dire au revoir, mon ami. Et les souiris peuvent aussi pleurer car ils viennent de perdre une bonne part de leur mémoire.

A côté de toi sur la photo il y a ta berbère comme tu disais. J'espère que dans ta caverne on trouvera le beau poème que tu lui as écrit car derrière des manières quelques fois un peu brusques tu avais plein de cœur et d'amour.

 


Essaouira - La Rochelle - 10 ans de jumelage
 

Mai 2010 - Pour marquer 10 ans de jumelage Maxime Bono, maire de La Rochelle et son homologue souiri Mohamed El Ferraâ signeront le 22 mai une nouvelle convention dans le cadre des manifestions rochelaises organisées pour fêter l’évènement.

Au programme, un défilé de vêtements franco-marocain, une exposition des photos de Guy Genty, la projection du documentaire « Les damnés de la mer» réalisé par Jawad Rhalib, suivi par un dîner marocain tandis que toute la semaine les cantines scolaires auront servi des plats aux saveurs marocaines. En peinture les rochelais, amateurs et professionnels, exprimeront par ailleurs leur vision d’Essaouira…

Les grilleurs de poissons affichent leurs attaches

Dans le cadre de ce jumelage du 1er au 15 juillet 25 jeunes rochelais de l'école des Grandes Varennes séjourneront à Essaouira mais un jumelage permet également des rencontres entre les acteurs de l’économie. Au mois de février dernier une délégation du port de pêche de La Rochelle était ainsi en visite dans la cité des Alizés… à la recherche de poisson.

Au fil des années le port vendéen a perdu la plupart de ses bateaux et de leurs approvisionnements. Attirés par l’Espagne ou ils réalisaient de meilleurs ventes les chalutiers ont d’abord fréquenté les criées espagnoles avant d’être achetés par des armements franco-espagnols, c’est-à-dire espagnols! Aujourd’hui, comme de nombreux ports de pêche français, La Rochelle manque de matière première pour faire vivre sa criée et ses mareyeurs confirmait Pascal Bouillaud, directeur du port rochelais qui menait la délégation française. En échange du poisson souiri les professionnels rochelais pourraient participer à la formation des pêcheurs et des mareyeurs marocains aux normes européennes, aux normes de qualité, à la mise en place de démarches de valorisation des ressources halieutiques…

 
     


Un nouveau thonier senneur dans l'Océan Indien pour la Sapmer

Mai 2010 - Lancé en septembre 2009 le thonier Manapany a été baptisé à Ho Chi Minh Ville au Vietnam en présence de son patron François Paugam. Construit par les chantiers concarnois Piriou via sa filiale Seas pour le compte de la SAPMER il sera exploité en Océan Indien ou il chassera le thon tropical albacore et le listao.
Après le Franche Terre c’est le deuxième thonier d’une série de trois sister-ships commandés par l’armement réunionnais filiale du Groupe Bourbon. Sa pêche débarquée à l’Ile Maurice devrait alimenter l’usine « Mer des Mascareignes » du même armement
. Lire la suite

 
 

Long de 90m le Manapany pourra atteindre une vitesse de 17,5 nœuds. A bord un équipage de 33 personnes

 


Essaouira entre sable et lagune

 

Mai 2010 - Au début du mois de mai une convention a été signé pour l’aménagement d’une ceinture verte autour d’Essaouira. Elle devrait limiter l’extension de la ville qui s’est faite en empiétant sur les dunes et les lagunes originelles.

Longtemps Mogador s’est contenté de son port et de sa médina. Les 20.000 habitants y étaient réunis, ou plutôt concentrés, seules quelques maisons s’étant échappées le long de la plage et des usines, dans le quartier industriel. Tout le reste n’était que dunes entre la plage, au sud, et la lagune au nord.

Pour accueillir tous les nouveaux arrivants ces dunes ont été rasées les unes après les autres permettant la construction de maisons à trois étages ou logent désormais 80.000 habitants, et sans doute davantage..

La pharmacie des dunes est aujourd’hui au centre de la nouvelle ville. Il y a quelques années à cet emplacement une dune plus haute que les autres faisait la joie des petits souiris qui l’escaladaient avant de redescendre en faisant des galipettes, se prenant quelques fois pour des cow boys après avoir vu un film au cinéma Skala. Désormais la pharmacie borde une double voie qu’on appelle l’autoroute autour de laquelle s’est développée Essaouira.

En bordure de cette zone urbanisée on retrouve des centaines d’hectares de dunes séparées par des zones humides constituant la lagune d’Essaouira, la ceinture verte qui abrite plusieurs espèces d’oiseaux. C’est cette zone que la convention signée prévoit de protéger et de mettre en valeur. Lire la suite

Les dunes, la ville et l'île Mogador - agrandir l'image

 
 

agrandir l'image

Au premier plan de cette carte postale des années 60 l'Hôtel des îles et sa piscine suivi du quartier en bord de mer construit à Mogador pendant le Protectorat. Au second plan l’espace ou les dunes ont été aplanies pour permettre la construction de la ville nouvelle. Enfin au fond les dunes boisées et la lagune objet de la convention
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Marmara direct entre Paris et Essaouira

Mai 2010 - Depuis plusieurs années Royal Air Maroc assure une liaison régulière, directe, entre Paris et Essaouira mais l’essentiel du trafic des visiteurs se fait via Marrakech et Agadir. Depuis le début de ce mois de mai une nouvelle solution est proposée par Marmara, des mini séjours de 3-4 nuits et à la semaine, vols compris, assurés par la RAM, entre Orly et l’aéroport de l’ancienne Mogador. Le tour-opérateur a retenu 3 hôtels : le Sofitel et l’Atlas, 5 étoiles, en bord de plage et petits déjeuners et le Ryad Mogodor, 4 étoiles, à l’entrée de la ville, prés de la plage et en demi pension.
Si l'essai est concluant, Marmara devrait rééditer cette programmation tous les ans pendant la saison.

L'hotel Sofitel

 

Les juifs  honorent leur saint d'Essaouira Rabi Haim Pinto

     

Septembre 2009 - Rencontrer des hommes habillés en noir et portant la kippah n’est pas rare dans les ruelles de la médina d’Essaouira mais à la mi septembre chaque année les juifs sont beaucoup plus nombreux, venus participer à la hiloula, le pèlerinage d’un de leur saint, Rabbi Haim Pinto, du 11 au 14 septembre

Ils sont cette année quelques 1000 pèlerins à avoir fait le déplacement en avion spécial venus du monde entier, de France, d’Israël, d’Argentine, du Bresil, du Mexique, des Etats-Unis, du Canada…«et nous serions beaucoup plus nombreux si les infrastructures le permettaient » ajoutent mes interlocuteurs qui se disent particulièrement heureux de l’accueil qui leur est réservé par les autorités mais également par la population qui souvent remplace le traditionnel «soyez le bienvenu » par un shalom amical.

Le Maroc et plus particulièrement Mogador Essaouira a une longue tradition de coexistence pacifique entre les communautés juives et musulmanes. A Mogador c’est le sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah qui au milieu du 18ème siècle fait appel aux marchands juifs lors de la création de la ville pour développer les relations commerciales de son nouveau port de commerce, particulièrement avec l‘Europe. En accueillant les pèlerins le Gouverneur de la Province d’Essaouira a pu ainsi déclarer que ce rassemblement religieux « nous permet de renouer avec ce que nous avons de commun, notre patrimoine et notre histoire qui ont été façonnés par nos ancêtres des siècles durant »

Au début des années 1950, deux siècles après la naissance de Mogador, les descendants des pionniers juifs composaient la moitié de la population aux côtés des musulmans. Ils travaillaient alors essentiellement dans le commerce et dans l’artisanat, celui de la bijouterie en particulier ayant l‘exclusivité de la vente des métaux précieux. La grande majorité d’entre eux vivaient dans le mellah, dans la partie nord de la médina, qu’ils abandonneront pour rejoindre Israël lors de sa création ou quelques années plus tard après l’indépendance du Maroc.

Essaouira la tolérante garde la mémoire de cette époque ou le vendredi était le jour des mosquées, le samedi celui des synagogues, et le dimanche celui des français qui se partageaient entre l’église et le Café de France.

   
 

 La tombe de Rabbi Haim Pinto dans le cimetière juif d'Essaouira

 

 
Le mellah en ruines depuis le départ de la communauté juive

 


Le Golf de Mogador

aux portes d'Essaouira

 
   

Août 2009 - La nouvelle station Mogador Essaouira inscrite au plan Azur « pousse » lentement. Au bout de la plage d’Essaouira elle devrait accueillir quelques milliers de touristes entre hôtels, résidences, villas mais pour l’instant seule la construction du Sofitel Luxury Golf and Spa a été engagée tandis que 9 trous du premier golf sont praticables depuis cet été.

Les accès à cette nouvelle station de tourisme sont bien avancés. La route menant au complexe sur la route d’Agadir est terminée, plantations comprises et le nouveau pont qui enjambera l’oued Ksob mettant la médina à 5 minutes devrait être opérationnel prochainement.

 
 
 
          Le nouveau pont de l'oued Ksob

 L'ancien pont - Autre époque, autre style
   
   

Le pont remplacera ce passage rustique (à gauche) qui  a été emporté lors les fortes pluies de l'hiver 2009

 

Le Golf de Mogador jugé par un spécialiste - C’est avec impatience que l’on attendait l’ouverture du premier 18 trous à Essaouira. Tout d’abord vous ne serez pas déçu, créé par Gary Player le parcours grâce à 6 tee boxes vous offrira un vrai challenge à votre niveau, mais ne vous prenez pas quand même pas pour un pro car les départs noires sont très difficiles, et réservé à un joueur de haut niveau, pour les autres c'est-à-dire nous,  nous aurons les blancs avec 6390 mètres ou les jaunes avec 5992 mètres qui est à mon avis le tee box le plus approprié à jouer spécialement les jours ou le vent souffle.

On commence relativement en douceur, avec un fairway large et rassurant, pas de bunkers pour les 3 premiers trous ce qui est parfait pour la mise en forme, un par 4 avec un green assez rapide, d’ailleurs une des particularités de ce parcours c’est la haute qualité des greens, rapides et précis, pas de surprises si vous voyez un break à droite il y aura un break à droite, ce qui est peu courant de nos jours. Avec 4 par 5 sur le parcours vous aurez des chances de birdies, par contre les par 3 je les ai trouvé très intéressants et délicats à jouer, faudra être précis et long avec 2 par 3 qui font plus de 180 mètres…

Les 9 premiers trous sont relativement faciles en fonction des conditions météorologiques, les 9 suivants vont vous faire utiliser tous vos clubs dans votre sac avec un 10 assez difficile et un 18 ou la précision de votre deuxième coup sera très importante. On commence avec le 1 et 10 sur des trous difficiles et on finit avec le 9 ,17 et le 18 sur des trous aussi difficiles entre les départs et les arrivées ca devraient aller… J

Nous avons adoré ce parcours, très bien dessiné, avec des greens fantastiques et un challenge toujours présent mais pas insurmontable, sans plan d’eau pour perdre vos balles mais beaucoup de bunkers à partir du 4eme trou. Un parcours que je ne recommanderai pas au débutant car un bon drive long et précis est de rigueur, pour les autres c’est un pur bonheur.

Le golf est désormais ouvert au public: 36 Euros green fee, frais de reservation inclus caddie 100dh a régler sur place. 

Les Gnaoua en Festival à Essaouira

 

   
                                                        Peintre d'Essaouira : Ahmed Adallouch

Ahmed Adallouch

Galerie Empreinte
Essaouira


empreinte.creation28@yahoo.fr

Essaouira a une longue histoire dans l'art pictural et il y a plus de 40 ans, tandis que le tourisme faisait ses premiers pas, les expositions et les galeries se multipliaient. Ahmed Adallouch fait partie de la nouvelle génération.
Pas encore 30 ans mais déjà une longue expérience depuis son adolescence. A Smimou, 30 kms au sud d'Essaouira, Ahmed le berbère fait ses premiers croquis, des portraits et ses professeurs l'encouragent à suivre ses études à l'Ecole d'Arts Plastique d'Essaouira. Trois années plus tard il commence à travailler dans une brocante ou de temps en temps il faut "re-travailler" un meuble. Il en fera sa spécialité dans la décoration, la patine de meubles anciens et la création de nouveaux.

Sa peinture est riche, épaisse, souvent travaillée au couteau sur des supports en toile ou en bois pour réaliser des compositions ou se retrouvent les éléments de sa culture marocaine et musulmane, la lune, le marabout, les chats, animal domestique dans les maisons... et dans les rues.


Mai 2009 - Silence on tourne "Lope"

 


L'art du thuya à Essaouira

Mai 2009 - C’est seulement au début du 20ème siècle que l’art du thuya se développe à Essaouira. Jusqu’alors le bois de cet arbre était seulement utilisé dans la construction, en particulier pour réaliser les plafonds des salons de quelques riads ou les riches propriétaires appréciaient sa couleur  mais également son odeur très particulière.

Pour travailler sur le port, au début du protectorat, les français embauchèrent des hommes du nord du Maroc. On les appelaient les andalous. Ils connaissaient la technique de la marqueterie qu’ils appliquèrent au thuya avec lequel on commença à fabriquer des coffres de mariage, des boîtes pour conserver le thé et les gâteaux. Ces objets furent peu à peu enrichis d’incrustations d’ivoire, de nacre, de fils d’argent, d’ébène, d’os de chameaux,  L’art du thuya était né.

Des règles strictes furent imposées aux menuisiers, en particulier des normes de qualité. Ainsi ne pouvaient s‘installer à leur compte que des ouvriers formés par 7 ou 8 années d‘apprentissage.
Diba Bachir fait partie de ceux là. Installé sous les remparts de la skala, au n°38 des anciennes soutes ou étaient entreposées les munitions pour les canons de la ville il continue à exercer son art. Mais ces maâlem devenus de véritables artistes sont de moins en moins nombreux. Le tourisme de masse est passé par là à la recherche de souvenirs du Maroc pas chers, pas chers mais qui n’ont rien à voir avec l’art traditionnel du thuya. Dans la médina et dans les nouveaux quartiers de la ville les ateliers se sont multipliés et dans les boutiques de plus en plus nombreuses des petites boîtes sont désormais vendues pour seulement quelques dhirams.

10.000 personnes vivraient du thuya à Essaouira.

     
     
 


Après un ponçage au papier de verre tous les objets en thuya reçoivent une dernière finition qui leur donnera leur aspect brillant définitif. Elle est faite avec un tampon en peau de mouton imbibé d'alcool à brûler et de gomme arabique. Certains jours toute la médina semble être occupée à faire briller le thuya!

     

Avril 2009 - Renouveau d'Essaouira par les festivals

Avril 2009 - Le daour des Regraga

               Mai 2009 - Le Moussem des Hamadcha

 

Essaouira, la crise aussi

   
Mars 2009 - Au Maroc le niveau de vie a augmenté au cours des dernières années mais la crise pourrait bien entraîner une diminution du pouvoir d’achat.

A la boucherie : une jeune femme demande des tripes pour 3,5 dirhams. Le boucher pèse pour 5 dh mais elle demande d’enlever 1,5 dh. Elle n’a pas davantage dans la main.

Une femme passe et demande pour 2 dh de viande. Le boucher refuse.

Une femme commande 5 dh de poulet. Elle fait mettre ça sur son compte.

Le boucher m’explique que c’est souvent ainsi en fin de mois. (nous sommes le 18 du mois!). L’année dernière il a supporté pour 2 millions d’impayés (20.000 dh)

1 euros = 11 dh

 

 

Essaouira, Hendrix et son palais

         

Décembre 2008 - La technique du copier-coller est particulièrement appréciée par les web masters. Certains la pratiquent assidûment et copient ainsi les autres sites pour les reproduire sur le leur. J’ai par exemple écrit quelques lignes sur la pâtisserie Driss bien connue à Essaouira et, surprise, en cherchant « pâtisserie driss Essaouira » sur Google j’ai retrouvé mon texte et mes photos, texto … sur un autre site. Ce n’est pas grave car je n’ai rien à vendre mais ça prouve simplement que nous n'avons pas tous les  mêmes scrupules.

Ceci dit il il faut se méfier car tous les sites ne pratiquent pas la vérifications des infos qu’ils diffusent. Et il n’y a pas que les sites. Quelques fois les Guides se laissent aussi un peu aller. Exemple le Petit Futé dans son édition « Marrakech-Essaouira » à propos d’Essaouira, Diabat, son palais et Hendrix : « celui-ci, tombé amoureux fou de l’endroit ou il séjourna pendant 5 ans voulu même acheter le village berbère de Diabat… Vers la fin du 19ème les étangs et la forêt de tamaris qui entouraient le palais disparurent pour laisser place aux dunes. Le spectacle particulièrement impressionnant au crépuscule inspira à Jimi Hendrix, qui squatta les ruines quelques années, la chanson Castle in the sand 

   

Sans vouloir donner de leçon il aurait été préférable d’écrire que, juste avant Woodsock, Jimi est sans doute venu à Essaouira en 1969, une journée, qu’il a sans doute passé quelques heures à Diabat et qu'à cette époque là sa chanson Castle made of sand était déjà dans les bacs des disquaires.

Ce qui est vrai également c’est que Jimi Hendrix fumait beaucoup et que sans doute dans les parages les fumées de kif ne sont pas encore toutes dissipées et font rêver les rédacteurs de Guides…

   
         
       
       
   


L'album Axis : Bold as Love sorti en 1967 avec
 "Castle made of sand".

 

   
         
  Le palais du sultan, ou ce qu'il en reste  
         

Novembre 2008
- Le pont de la rivière ksob entre Diabat et Essaouira

Novembre 2008 -
Tapis et tissages de Frédéric Damgaard

 

Constructions en front de mer

  Hotel restaurant Miramar



Novembre 2008 -
Le Boulevard Mohamed V longe la plage depuis l'entrée d' Essaouira jusqu'à Bab Sbaa qui ouvre sur la médina. De l'autre côté de la route des petites maisons ont été construites pendant le Protectorat pour loger des fonctionnaires, douaniers, gendarmes, agents de l'Equipement... A l'époque ils étaient  peu nombreux à habiter hors de la médina.

Peu à peu de nouvelles constructions prennent la place de ces maisons individuelles. Il y a eu le Sofitel puis l'Hôtel Atlas Hospitality ouvert depuis le début de cet été. Il y a quelques jours un troisième hôtel-restaurant a ouvert ses portes, le Miramar, un 4 étoiles, juste à côté du Sofitel. Un bel immeuble dans le style marocain avec quelques chambres-balcons,  vue imprenable sur la plage et l'île Mogador.

Deux cents mètres plus près de la médina une nouvelle construction est en cours de finition, à côté de l'Hôtel des Iles. Construit sur le terrain de la villa qui a abrité le directeur de la Banque du Maroc et sa famille il comprend des studios et appartements destinés aux employés de la banque, pendant leurs vacances. Au rez de chaussée ouvrira bientôt une agence de la BMCI.

Et ce n'est pas fini! Toujours en front de mer, à 100 m du Miramar, là ou était la Douane qui a déménagé près de la Province, va se construire un immeuble de 3 étages avec 260 logements et 20 commerces.  

 
 

 

                         Essaouira Hier

 

Novembre 2008 - Station Mogador Essaouira en travaux

Octobre 2008 - Météo Essaouira
Août 2008 - Une boîte de nuit à Essaouira
Août 2008 - Une voie express entre Marrakech et Essaouira
Août 2008 - Production d’huile d’argan biologique
Août 2008 - Le moussem des gnaoua d'Essaouira
Juillet 2008 - L'église portugaise de Mogador
 
Août 2008 - La saison de l'algue rouge
 
Juillet 2008 - Un ibis Moussafir à Essaouira
Juillet 2008 - Un nouveau hôtel 5 étoiles Atlas Hospitality Marocco

 

Décès de Georges Lapassade
homme de culture amoureux d' Essaouira

 

 

Le bastion sud ou borj bab Marrakech

Août 2008 - Pendant l'été 2008 le bastion sud d'Essaouira a accyeuilli une première exposition. Appelé également borj bab Marrakech ce bastion est l’un des édifices défensifs les plus importants du Maroc. Selon les sources il aurait été construit au début ou au milieu du 19ème siècle. Il se présente sous la forme d’une batterie circulaire dominant l’est de la médina d’où pouvait venir le danger sur terre. Ce bastion de 35m de diamètre pour une surface de 1000 M2 était équipé de 10 canons tandis qu’à l’intérieur, au rez de chaussée, étaient stockèes les munitions dans onze grandes alcôves voutées. Pendant le Protectorat le bastion faisait partie de la caserne (aujourd'hui centre artisanal) et abritait les chevaux des soldats. C’est dans ces salles que sont désormais présentées les œuvres des expositions qui se succèdent.

Le bastion sud...avant!

Pour ouvrir ce nouvel espace d’expositions une porte a été ouverte dans la muraille ouvrant le bastion sur la place de Marrakech. Ces travaux a soulevé l’émotion des défenseurs de ce site classé monument historique.


 

   Janvier 2008 - Le Mali représenté à Essaouira par un consul
 

Décembre 2007 - Les prostituées d'Essaouira

 

Novembre 2007 - Un café berbère à Essaouira

 
 
 

(c) yvon lachèvre - 2010

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